«C’est un sport de riche» et «c’est un sport de garçons» : des clichés qui ont la vie dure
L’escrime c’est un sport de riche, le matériel coûte une fortune. Oui, c’est vrai, le matériel coûte cher mais il dure très très longtemps car c’est du matériel très solide et conçu pour résister. Pour pallier à cet inconvénient, à l’ADEM nous avons mis en place un système de location de tenues, ce qui permet de s’équiper à moindre frais.
Pour donner un ordre d’idée, il faut louer sa tenue pendant plus de 10 ans avant que l’achat soit plus rentable que la location. Et comme une tenue est composée de plusieurs pièces, il est tout à fait possible de les acheter une par une au fil du temps. De plus, si vous arrêtez l’escrime, vous pourrez facilement revendre votre tenue pour un bon prix car elles ne se dégradent pas, ou très peu.
Pour ce qui est de la cotisation annuelle, elle couvre la licence avec l’assurance spécifique à la pratique de l’escrime, les cours et la location éventuelle du matériel, et elle est à moins de 300 €. Vous pouvez participer à 3 séances d’une heure et demie d’entraînement en semaine, plus une séance particulière de 30 minutes le samedi. Soit 5 h d’entraînement par semaine et, avec 35 semaines d’activité par saison, cela revient à un peu moins de 2 € par heure. Et ça, c’est si vous pratiquez exclusivement le sabre. Si vous y ajoutez la pratique de l’épée et du sabre laser, cela rajoute 4 h supplémentaires, pour le même prix.
L’escrime c’est un sport masculin, il faut être très grand pour réussir. Il paraît que les garçons sont plus batailleurs que les filles et c’est peut-être ce qui les attire plus vers ce sport, et puis physiquement ils sont plus musclés. Mais rappelons que l’escrime est un sport de touche et non de force, donc l’éventuel avantage musculaire que pourrait avoir un homme par rapport à une femme n’est d’aucune utilité.
Et heureusement que Manon Apithy, Sara Balzer et Auriane Mallo n’ont pas été sensibles à ce cliché, sans quoi nous n’aurions pas eu une médaille d’or et d’argent en sabre individuel ni une médaille d’argent en épée individuelle aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Enfin ce sport n’entraîne pas de transformations physiques comme peuvent le faire d’autres sports, ce qui, pour les femmes sensibles à leur aspect physique, est un plus.
Quant à la taille, certes elle offre un avantage dans le sens où l’escrimeur va pouvoir toucher plus loin, mais elle offre le désavantage d’offrir une surface touchable plus importante à son adversaire.
L’escrime, ce n’est pas à qui allongera le bras le plus loin, c’est à celui qui touchera l’autre.

